Toussaint, cimetières et scènes de mon roman

Dans mon village de naissance, la tradition veut que l'on se rende au cimetière pour la Toussaint. Quelques jours avant, on va laver et préparer les tombes, on met des fleurs. On jette un œil sur les tombes des voisins et on ne manque pas de faire des réflexions sur la façon dont ils pratiquent l'art funéraire. Il ne s'agit pas de laisser pousser un palmier sur le corps des défunts, sous peine d'être taxé d'ingratitude. On garde le respect des ancêtres.

En ce jour, j'ai des souvenirs tendres de promenades avec ma mère dans les allées de ce cimetière. Nous allions saluer les morts de l'année, les aïeux inconnus. Nous passions avec plus ou moins de rapidité devant certaines tombes où reposaient des amours mortes que le pardon finissait par recouvrir... Je me suis beaucoup inspirée de ces moments pour écrire les scènes où Jules accompagne sa sœur Marguerite au cimetière. Derrière les croix et les stèles, il croise Anna et des inconnus qui contribueront à nouer mon intrigue.

C'est aussi au cimetière que se cache Jeanne, chassée par ses patrons parce qu'elle est enceinte. Elle n'a pour abri qu'une chapelle. Cette anecdote peut paraître morbide et cruelle, elle est pourtant réelle. Une personne de mon entourage s'est trouvée dans cette situation, au début des années 1980. Chassée par sa famille enceinte d'un homme dont ni son père ni ses frères ne voulaient entendre parler, elle a dormi plusieurs nuits dans un cimetière.

Quand j'ai cherché le nom que je donnerais à Jules, j'ai choisi Toussaint, sans réfléchir. J'aime ce nom, et il est très évocateur pour moi. En ce jour des morts, mes personnages sont plus vivants que jamais et je remercie mille fois mes lecteurs qui m'envoient de leurs nouvelles.

librairie Mollat Bordeaux.jpg, nov. 2019Laure l'a vu à la librairie Mollat de Bordeaux

Jules en hypermarché par Audrey hyperliseuse.jpg, nov. 2019 Audrey l'a croisé dans son hypermarché, où il n'était pas rangé dans le bon rayon !

Je reçois des mots doux de mes lecteurs. Ils me font tellement plaisir ! Il y a de la vanité à les recopier ici, mais j'assume.

Je suis archi fan, cela me confirme que je vais largement offrir ton livre à Noël, et que j'ai hâte de lire la suite...

mail de Martine L.

Voilà un roman comme je les aime ; des personnages attachants à l’image de Jules autour duquel tourne tout ce petit monde, des femmes qui ne sont pas des potiches et une intrigue qui vous mène par le bout du nez. J’ai pris un énorme plaisir à sa lecture qui m’a replongée dans le souvenir des sensations d’enfance quand je lisais du Giono, du Clavel ou encore du Pagnol (je parle bien de sensations, pas de style !) ; cette façon de décrire les décors, de vous y plonger direct ; pour un peu vous sentiriez les odeurs, la chaleur ou le froid !

Gilles Soubiran Le roman de Jules chronique parue dans Le fond du Galetas