Le roman du terroir comme cheval de Troie

Quand j'écrivais Le Village des secrets, on me demandait souvent : Tu vas le publier ? et je ne savais que répondre. Mon projet principal était de faire de mon mieux, et on verrait après...
Finalement, une fois le manuscrit terminé, j'ai eu envie de tenter ma chance auprès des éditeurs, mais je ne savais pas trop comment m'y prendre ni quelles maisons d'édition contacter. Une amie, qui écrit et dont le manuscrit avait été sélectionné dans un concours, m'a suggéré de suivre le chemin des romans du terroir.
Cela correspond bien au roman que j'ai écrit : il se passe au début du XXè siècle, à la campagne. Les personnages vivent dans un village qu'ils vont quitter pour explorer le monde et fuir tout ce qui pèse sur eux, à commencer par la misère.

Le roman du terroir est le cheval de Troie qui m'a permis d'entrer dans les rayonnages et les tables des libraires. C'est une aventure modeste mais qui m'apporte une grande joie.

Jules FNAC Wilson 251019.jpg, oct. 2019 Le Village des secrets sur la table des romans historiques, en bonne compagnie. Fnac Wilson, Toulouse, 26 octobre 2019.

Ce que je voulais, c'était ressusciter un monde perdu, sur le point d'être oublié. La bonne surprise, c'est qu'en parlant de mes ancêtres, j'ai parlé aussi des vôtres. Il faut croire qu'ils ne sont pas si différents. tweet FlozpourSL.png, oct. 2019 (FloZ, Twitter, 28 octobre 2019)

Mon roman voyage, il part en Espagne chez Pablo, en Corse chez Thierry. Béa, ma fille spirituelle le lit dans le Colorado sur sa liseuse... Il entre dans les maisons de mes amis, et dans les maisons de leurs amis, il part chez des inconnus, il vit sa vie. Je n'en reviens pas. livrevoyageur2.jpg, oct. 2019

Ici, aussi loin que remontait la mémoire de leur famille, la plupart des hommes travaillaient la terre pour le compte de propriétaires plus riches qu’eux. Ils n’imaginaient pas un autre destin. Le changement les inquiétait. Ils craignaient de perdre le peu qu’ils avaient, de se défaire de maîtres qu’ils connaissaient pour d’autres, peut-être pires. L’estime dont jouissait Hyacinthe, instituteur, généreux et dévoué à ses élèves, se heurtait à de subtils obstacles. Il n’était pas d’ici. Il venait de loin. Il était né à Aubagne. Pierre Marchelli, lui, connaissait les bonheurs et les chagrins de chaque famille, sur plusieurs générations.

Le Village des secrets, chapitre 29