Sylvie Lassalle

vendredi, février 14 2020

L'aventure de la promotion d'un roman

Depuis que mon roman est en vente, je découvre le monde de l'édition et plus généralement, ce qui touche au commerce du livre. Tant que j'écrivais, je n'en avais aucune conscience. Je voyais les piles des best-sellers sur les tables des lieux de diffusion, j'entendais le ronronnement des noms d'écrivains célèbres, les uns considérés avec condescendance, Guillaume Musso, Michel Bussi, Virginie Grimaldi, Valérie Perrin, d'autres mieux vus, Fred Vargas, Amélie Nothomb, d'autres encore qui se débrouillaient toujours pour être au centre de polémiques, comme Houellebecq.
J'ignorais que derrière ces célébrités se cache la longue traîne des petits auteurs, dont je fais partie, gouttes d'eau dans la mer de la publication.
Pour la rentrée littéraire 2019, 524 romans ont été publiés en France, et ont déferlé sur les tables des lieux de vente. Si on enlève la cinquantaine de romans dont les auteurs sont connus et attendus, il reste encore plus de 450 titres qui, bon an, mal an, vont essayer de se faire une petite place.

Sylvie dédicaces Photoshopée.jpg, fév. 2020 Le samedi 22 février, je serai en dédicaces à l'Espace Culturel Leclerc Blagnac (Haute-Garonne), à partir de 10 heures.

Le rôle de l'éditeur est important : il va choisir de mettre en lumière certains titres, et, parfois, il va tout miser sur un seul roman, ayant l'intuition d'avoir trouvé une pépite. Ce fut le cas par exemple pour Pauline Dellabroy-Allard, Ça raconte Sarah, aux éditions de Minuit, en 2018. La qualité littéraire du texte, le sujet traité, tout concourait à en faire un phénomène. Ce succès mérité est rarissime.
Pour la plupart des auteurs de la longue traîne, l'éditeur assure une promotion à minima. Il faut alors passer par son propre réseau. Le choix est assez simple : soit on joue le jeu des dédicaces, des réseaux sociaux, soit on refuse, parce que c'est chronophage, parce qu'on est timide, parce que cet aspect commercial ne plaît pas... On court alors le risque qu'après une courte vie sur les tables des lieux de vente, notre ouvrage ne reparte, via le diffuseur, chez l'éditeur qui le mettra au pilon.

cause commune.png, fév. 2020 Le mercredi 19 février, je participerai à l'émission de Gilda Fiermonte Côté Papier, sur Cause Commune, radio que l'on peut écouter en Ile-de-France sur 93.1, à 22h.

Pour ma part, j'avais la chance dès le départ d'avoir un réseau : celui que j'avais constitué en bloguant. Un autre réseau qui se révèle encore aujourd'hui important est celui de mon milieu professionnel. Alors que je ne m'y attendais pas vraiment, mes collègues ont été d'incroyables attaché.e.s de presse ! Beaucoup ont acheté et offert Le Village des secrets, en ont parlé à leurs amis qui eux-mêmes en ont parlé aussi... C'est ainsi que plusieurs occasions de faire connaître mon roman m'ont été offertes. Même s'il faut consacrer du temps à cette activité, je découvre que j'aime bien cet aspect commercial. Il va de pair avec la découverte d'un nouveau milieu, de ses règles, de ses difficultés aussi.
J'ai la chance de ne pas avoir à compter sur ma plume pour vivre, et de venir à l'écriture sur le tard. Les jeunes auteurs mènent actuellement un combat que je soutiens pour que leur travail soit mieux considéré et mieux rémunéré. Le rapport de Bruno Racine fait des propositions qui vont dans le bon sens : "Les auteurs ne demandent pas la lune"

Merci encore à mes lectrices et lecteurs qui prennent le temps de m'envoyer des mots doux ou des selfies. Sachez qu'ils me font vraiment plaisir et je les en remercie du fond du cœur.
Mamie de Jessica.jpg, fév. 2020IMG_2447.jpg, fév. 2020

Faire sa promo, c'est assumer son côté cabotin ! Chez moi, c'est inné ! LeVillagedesSecrets.jpg, fév. 2020

dimanche, janvier 19 2020

Ecrire, et après ? Raphaël et moi, deux parcours d'édition

A partir de 2005, des gens de tout âge et de tout horizon se sont mis à écrire sur des plateformes appelées blogs. Les réseaux sociaux ne nous avaient pas encore habitués à écrire en 280 caractères et à parsemer nos SMS d'émojis. Nous étions face à l'écran blanc comme des enfants devant un champ de neige : nous avons monté et descendu à grande vitesse les pentes de l'écriture extime pendant que les écrivains alimentaient les tables des libraires d'auto-fiction.
Chaque écrit pouvait être commenté et très vite, des liens se sont créés entre nous, que nous soyons éloignés géographiquement ou dans la même ville.
Un Toulouse-Carnet a vu le jour le deuxième vendredi du mois. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de personnes qui sont devenues mes amies et que je vois toujours aujourd'hui, même si nos blogs sont, pour la plupart, fermés ou quasiment silencieux. Il y a quinze ans que j'ai rencontré Raphaël Isla et que notre amitié est née.

sylvie2006.jpg, janv. 2020Raphael 2006.jpg, janv. 2020Portraits de blogueurs, Paris, 2006

En 2015, dix ans plus tard, j'ai commencé à écrire Le Village des Secrets. Raphaël a commencé à écrire Réparations à l'été 2017. Nous avons passé du temps à échanger au sujet de nos manuscrits, de nos difficultés, de nos doutes, du plaisir que nous prenions à imaginer une histoire, à construire des personnages. Notre ambition première était de terminer ce que nous avions commencé, d'inscrire le mot Fin sur la dernière page.

Une fois cette étape franchie, nous nous sommes demandé ce que nous allions faire de nos manuscrits et nous avons décidé de nous lancer dans l'aventure de la publication.
En avril 2019, City Editions a accepté de publier Le Village des Secrets dans sa collection Terre d'Histoires. Raphaël, après quelques envois infructueux, a opté pour un autre parcours : l'auto-édition à financement participatif. Alors que je cédais mes droits, lui gardait les siens. Ma maison d'édition se chargeait de corriger mon manuscrit, de le mettre en page, choisissait la couverture et la quatrième. Raphaël restait maître de ces éléments : il a recruté un dessinateur pour sa couverture, a mis en page lui-même son manuscrit. Ma maison d'édition a procédé à l'impression de mon manuscrit, Raphaël a fait imprimer le sien chez un professionnel. La différence à ce stade est une plus grande liberté pour lui, mais aussi la contrainte de supporter tous les frais. C'est pourquoi il a eu recours au financement participatif.
Toute cette aventure est expliquée ici : Ulule, Réparations, le livre. Ce financement participatif a été un succès. Raphaël avait calculé qu'il lui fallait 2400 euros pour imprimer et distribuer son livre, il a obtenu cette somme et même davantage. Le livre existe donc désormais en version papier et on peut l'acheter via Lulu, qui imprime les exemplaires à la demande. Vous le trouverez en suivant ce lien.

Isidore a un super pouvoir. Mais plutôt que de se lancer dans une carrière de super-héros ou de super-vilain, il veut devenir fonctionnaire pour mettre son pouvoir au service de la Nation. Et il compte bien embarquer quelques connaissances qui ont le même pouvoir dans cette aventure. Malheureusement, aucun d'eux n'est vraiment un professionnel dans ce domaine. Peut-être qu'Isidore a vu trop grand. Ou peut-être que les missions qu'on lui confiera ne seront pas celles qu'il espérait.

Le roman Réparations raconte l'histoire d'Isidore et de son équipe. On y parle de super-pouvoirs et de ceux qui s'en servent, mais aussi de la société qui les entoure (quasiment identique à la nôtre) et des réactions de cette société à ces nouveaux venus.

Raphael 2.jpg, janv. 2020

Mon parcours en maison d'édition traditionnelle m'a épargné tout ce travail de préparation et j'ai obtenu une somme correspond à un à-valoir, ce qui est appréciable. Mais ce n'est pas pour autant une panacée : j'ai cédé mes droits en échange de la distribution et de la diffusion de mon roman. Or, aux dernières nouvelles, mon roman est en rupture de stock : les exemplaires imprimés et non-vendus sont toujours dans le commerce mais il est impossible pour les libraires et autres détaillants du livre d'en commander. Cela m'empêche donc de mettre en œuvre ma petite tournée des dédicaces. Si vous avez un exemplaire du Village des Secrets, gardez-le précieusement car il va peut-être devenir collector !
Je suis en attente de la décision de mon éditeur : va-t-il ou non réimprimer ? Suspense, suspense...

Raphael et moi.jpg, janv. 2020Portraits de blogueurs, Toulouse, 2020. Mais non, on n'a pas changé !

jeudi, janvier 2 2020

2020, un deuxième roman en préparation

2019 a été marquée par la publication de mon premier roman, et, à ce titre, restera dans mes souvenirs comme une année mémorable et heureuse.

Le Village des secrets continue sa vie. Beaucoup de personnes l'ont lu et d'autres vont encore le lire car je sais qu'il a été placé au pied des sapins... Des chroniques positives ont été publiées :

Chronique de Goliath.jpg, janv. 2020 On peut lire l'avis complet de Jérôme Cayla sur le site : Les chroniques de Goliath

Chronique SATINE.jpg, janv. 2020 Satine's Books permet de découvrir la chronique complète de Pauline Harzelli, qui a placé Le Village des secrets dans son top 3 des lectures de décembre ! TOP 3 decembre Satine.jpg, janv. 2020

Avant les fêtes, il était bien placé à l'Espace Culturel du Leclerc de Rouffiac (31) : LeclercRouffiac.JPG, janv. 2020

Les copains et les copines l'apprécient...texto Christine.jpg, janv. 2020

Mes projets pour 2020 sont de continuer à écrire, et de terminer mon deuxième roman. Le Village des secrets a été écrit entre juin 2015 et décembre 2018.
Dès le mois de février 2019, j'ai entamé un deuxième cahier rouge. Une idée me trottait en tête et j'ai élaboré un fil conducteur pour la raconter, ce qui m'a occupée jusqu'en juin. Mais une fois l'intrigue et les personnages conçus, je me suis rendu compte que je n'avais pas envie de passer des mois avec eux. Jules et Anna n'étaient pas sortis de ma tête, j'avais envie de vivre encore au rythme de leurs aventures. J'ai donc tourné les pages et je suis repartie à zéro... Jules, Anna, Jeanne et Amandine devenue une fillette intrépide seront au cœur d'une nouvelle aventure.
Pour moi, l'écriture est un plaisir, un artisanat mais aussi un travail que j'essaie de faire le plus sérieusement possible. J'écris lentement, je réécris beaucoup et je peaufine mon intrigue jusqu'à ce que les événements s'enchaînent selon une logique qui me semble correcte. J'espère voir ce projet aboutir en 2020. Je suis à la moitié du parcours...

carnet rouge 2.jpg, janv. 2020

Bonne année nouvelle à vous toutes et tous qui passez par ici. Gardez toujours l'espoir de réaliser vos rêves et donnez-vous l'autorisation de le faire.

mardi, décembre 24 2019

Noël dans le Village des secrets

J'ai toujours pensé que la nuit de Noël, il se passe quelque chose de mystérieux, qui unit les gens.
Petite fille, j'attendais l'apparition d'un inconnu qui pousserait la porte comme dans Les Quatre Filles du Docteur March et dirait : "Papa est de retour!"
Cela ne s'est jamais produit et j'en ai gardé une longue tristesse.
Une fois devenue adulte, j'ai pu en parler avec maman et il me reste maintenant un souvenir très doux et très tendre de tous les soirs de Noël que nous avons passés toutes les deux, devant un bon foie gras et une bouteille de champagne. Elle égrenait ses souvenirs avec malice. Les années avaient effacé le chagrin, la perte, il ne restait que l'amour.

Quand j'ai commencé mon roman, j'ai eu envie de laisser une place aux moments que nous avions vécus. Il n'y a sans doute que moi qui reconnais leur écho dans les conversations d'Anna et de ses parents adoptifs. J'ai construit cette nuit de Noël en imaginant que je pouvais soulever le toit de la maison de mes personnages et les regarder vivre, dans le secret de leur cœur, face à eux-mêmes.

Joyeux Noël à vous tous, qui passez ici par hasard ou parce que vous avez aimé lire mon roman. Que la nuit vous soit douce et pleine d'amour, avec les présents et les absents.

Noel village des secrets2.jpg, déc. 2019

Marthe et Lucien avaient toujours fêté Noël avec discrétion. Ils se contentaient de mettre une surprise dans les chaussures d’Anna le 24 au soir. Le travail les retenait tard à la boucherie, ils préparaient des chapons demi-deuil, des pintades lardées ou de simples farces pour les clients qui réveillonnaient. Le 25, ils se levaient à l’aube pour livrer les commandes de midi.
Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Anna avait passé le soir de Noël dans l’espérance, toujours déçue, que sa mère apparaisse. Celle qui l’avait mise au monde restait l’Absente. Où était-elle ? Fêtait-elle Noël en famille, avec un mari et des enfants pour lesquels Anna n’existerait jamais ? Etait-elle seule, dans la misère ? Avait-elle une pensée pour le nourrisson qu’elle avait abandonné ou l’avait-elle rayé de sa mémoire ? Etait-elle seulement encore vivante ? Anna s’étourdissait de questions sans réponse.
Devant ses parents Nounin, elle faisait bonne figure. Ils l’aimaient comme leur propre fille, prenaient soin d’elle, voulaient son bonheur. Elle aurait eu peur de leur faire de la peine en leur parlant d’une inconnue. Elle n’avait pas le droit de se plaindre.

Le Village des secrets, chapitre 19, Prends ce que je te donne.

samedi, décembre 21 2019

Premières dédicaces : éloge des Maisons de la Presse en milieu rural

Samedi 14 décembre 2019 ma première séance de dédicaces s'est déroulée à la Maison de la Presse de Fleurance, dans le Gers. La semaine précédente, le correspondant local de La Dépêche m'avait contactée et j'avais eu droit à un article qui présentait Le Village des Secrets. LA DEPECHE 131219.jpg, déc. 2019

Tout s'est passé au mieux : Patrice Ligardès et son équipe sont adorables, j'ai été très bien reçue. J'ai beaucoup aimé les échanges avec les personnes qui sont venues pour acheter et faire dédicacer mon roman. Je me sentais vraiment comme un poisson dans l'eau ! Mes lectrices et lecteurs, attaché.es à leur région, m'ont dit aimer les histoires de terroir, qui retracent la vie passée dans les campagnes. Ils y voient un témoignage qui a valeur de reconnaissance pour ce que connurent leurs ancêtres. Et ils aiment bien aussi que ce fond historique et régional servent de cadre à une intrigue.
Un monsieur m'a confié que lui-même écrivait, maintenant qu'il est à la retraite. Etant enfant, il passait pour un cancre, même s'il aimait l'histoire et les rédactions... Orienté vers des études de comptabilité, il les abandonnées pour passer le concours de facteur à Paris. Là, me dit-il, une nouvelle vie s'est offerte à lui. Il a visité tous les musées, n'a pas manqué une exposition... Il a profité de cette vie culturelle et s'est formé en autodidacte. Sa fille est devenue journaliste et lui, maintenant, s'est mis à écrire.

J'ai aimé échanger sur ces parcours de vie. Que de sourires et de bienveillance ! Moi-même, enfant, j'étais une cliente assidue de la Maison de la Presse de mon village. Dès que j'avais trois sous, j'allais acheter un livre de poche. Je revois le tourniquet des livres de poche... Un titre me faisait rêver : Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche. Quel mystère dans ces noms imprononçables pour une fillette du Sud-Ouest, à la fin des années 60 ! Je n'ai jamais lu cet ouvrage, mais j'en ai découvert bien d'autres sur ce merveilleux petit tourniquet... Il m'a fallu attendre d'aller au lycée pour découvrir une "vraie" librairie, je me souviens avoir été impressionnée et pas très à l'aise. De ce temps-là, je garde de la tendresse pour les Maisons de la Presse.

Dédicaces 141219 - Twitter.jpg, déc. 2019

jeudi, décembre 12 2019

Le chemin de fer

Jules revient à Vescaut pour régler la question de l'expropriation des terres héritées de sa mère. Sur ces terres sans valeur va passer le chemin de fer...
C'est une question qui m'a beaucoup intéressée. Dans le Var, l'établissement de la ligne qui va d'Hyères à St-Raphaël a été une source d'inspiration, mais j'ai trouvé ma documentation en lisant les comptes rendus en ligne du Conseil Général de la Corse (session de 1906). La ligne qui va de Ghisonaccia à Bonifacio couvrait la période à laquelle se passe mon roman. Les références à des abus lors de l'établissement des lignes précédentes m'ont été très utiles.

Que pourrions-nous dire, lorsque nous voyons des propriétaires oser demander cent et même cent cinquante fois la valeur réelle des biens expropriés, et le jury d'expropriation ne pas craindre d'accorder de semblables allocations ? Jusqu'ici l'Etat et la Compagnie des chemins de fer départementaux, travaillant pour le compte de l'Etat, étaient seuls en cause; et l'on trouvait tout naturel de profiter de l'occasion pour obtenir, outre l'établissement de lignes fort dispendieuses, une moisson pour ainsi dire illimitée de larges indemnités. (...) On espère mettre un terme aux exagérations déplorables qui compromettent gravement la continuation des travaux publics. Nous regrettons vivement que la longueur des formalités d'expropriation n'ait pas permis de réunir, avant la prochaine session du Conseil général, le jury d'expropriation qui devra fixer les indemnités restant dues.

source : Gallica

Grève des cheminots 1910.jpg, déc. 2019 source : geneanet.org, image publiée sous Crative Commons. Si vous cliquez sur la carte, elle s'agrandit.

J'ai aussi mené ma petite enquête sur les endormeurs de trains. Ils inquiètent Marguerite la sœur de Jules, qui a entendu parler des dangers du voyage en chemin de fer. Son frère en profite pour se moquer d'elle, mais ces endormeurs ont bien existé si l'on en croit L'illustré de 1907.

Tenant à la main un petit bouquet qu’il semble respirer avec délices et dans lequel est caché un tube de somnoforme ou de bromure d’étvle, il engage ainsi la conversation. « Si l’odeur de ces fleurs vous importunait, Madame, je m’empresserais de les jeter ». Dénégations polies de la voyageuse. « Ce qui me fait vous dire cela, continue l’individu, c’est que ce bouquet contient une orchidée dont le parfum quoique très agréable est cependant un peu fort et susceptible, à la longue, de fatiguer les personnes nerveuses ». Tout en parlant, il présente les fleurs à la dame et, au moment où celle-ci aspire largement leurs effluves, il brise, comme pour le mouchoir, le tube de l’ampoule dissimulée par des feuillages. Si la voyageuse n’est pas seule, si elle est accompagnée d’une dame ou d’un enfant, le filou a alors recours à la bonbonnière remplie de dragées ou de fondants dans lesquels il a introduit auparavant du véronal, du sulfonal, du hvpnal ou du canalies indica, toutes substances ne se dénaturant pas sous l’action du sucre et dont le goût n’a rien de désagréable. Quelques minutes après la distribution des friandises, tout le monde dort et il est maître de la place.

Hachette1928a.jpg, déc. 2019 La jeunesse ne connaît pas son bonheur, Almanach Hachette 1928. N'hésitez pas à cliquer.

Mon roman continue sa vie, j'en suis bien aise. Je reçois toujours de gentils compliments, je me réjouis de savoir qu'il est lu et apprécié.

Dr Caso lui a consacréun très joli billet : Billet Dr Caso.jpg, déc. 2019

Le village des secrets a plu à Gilles Deboisse, un article à lire sur son site Découvrir l'Histoire en lisant

Sylvie Lassalle réussit un beau récit avec un peu de terroir, un peu d'Histoire et des intrigues multiples qui mêlent malédiction, disparitions, trafic d'opium mais aussi malversations politiques dans un XXème siècle en pleine mutation. J'ai été très intéressé par la reconstitution de la démocratie multipartite naissante sous l'oeil critique de la presse écrite. La lecture est agréable avec un suspense partout présent et favorisé par les nombreux secrets qui planent dans le village de Vescaut. Une surprise, une révélation ou une interrogation attendent le lecteur dans chaque chapitre.

Découvrir L'Histoire2.jpg, déc. 2019

J'ai été particulièrement heureuse du petit message de mon amie bretonne Cécile, qui n'a pas été dépaysée malgré l'éloignement : sms Azelys.jpg, déc. 2019

samedi, novembre 30 2019

L'explosion du Liberté

Je me suis intéressée à l'explosion du Liberté alors que je cherchais Jules dans la salle virtuelle des archives, derrière mon écran. J'ai croisé le destin d'un jeune homme, Antoine Martin T., mort le 21 septembre 1911, alors qu'il n’avait pas 22 ans, en rade de Toulon.
Je ne savais pas vraiment ce qu'était un cuirassé et j'ignorais tout de cette tragédie qui a fait plus de trois cents victimes.

bateau1.jpg, nov. 2019 Cliquez pour agrandir

Le 4 septembre 1911 se déroulait en rade de Toulon une grande revue navale de la flotte de Méditerranée, en présence du président de la République, Armand Fallières, qui se trouvait à bord du cuirassé Masséna. La flotte, comprenait quatre-vingts unités, dont 19 cuirassés, et 10 croiseurs-cuirassés. Les bâtiments défilaient en ligne de file impeccable devant le cuirassé Masséna. Trois semaines plus tard, le 25 septembre 1911, à Toulon, le feu prend dans les soutes à gargousses avant tribord pour les pièces de 194mm de la Liberté, l'un des cuirassés présents à cette revue navale. Il s'étend rapidement d'explosion en explosion. A 5 h 53 précisément,une formidable explosion déchira l'air plusieurs lieues à la ronde, ébranla toute la rade et ses environs. Succédant à celle du Iéna, cette catastrophe a suscité une grande émotion et provoqué de vives polémiques. ( source : Forum de la Marine)

cuirasséLIBERTÉblog.jpg, nov. 2019 Cliquez pour agrandir

Je me suis plongée dans ce fait-divers qui, comme l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001, dresse un paysage de son époque. Dans mon roman, j'ai utilisé ces éléments : la fierté de la flotte française et la volonté de démonstration face à l'Allemagne, on marche vers la guerre, il y a une part de propagande dans la grande revue navale du 4 septembre 1911. Pourtant, d'autres graves accidents, comme l'explosion du cuirassé Iena, en 1907 (Toulon, 118 morts), ont frappé la Marine. Ill semble bien que le problème vienne des poudres (poudre noire, poudre B) mais les militaires peinent à le reconnaître et on cherche d'autres coupables, comme le montre cette conversation entre Jules, Hyacinthe et Anna.

Jules gardait un souvenir très vif de la catastrophe, qui avait frappé les esprits. Hyacinthe profita de l’occasion pour rappeler que l’Etat-Major avait longtemps refusé d’assumer ses torts. Au lieu de se demander pourquoi des catastrophes dues à des combustions instantanées s’étaient succédées dans la Marine, il avait insinué que tout le mal venait des socialistes. On avait même accusé Louis Jaurès, frère du tribun et commandant du « Liberté », d’avoir quitté son poste le matin de l’accident pour permettre à des complices de poser des explosifs.
Le tribunal maritime a balayé ces accusations fantaisistes, fit remarquer Jules, qui n’avait pas envie de polémiquer.
Il leur a bien fallu se rendre à l’évidence, répliqua Hyacinthe. Si le cuirassé a explosé, c’est parce que des poudres trop anciennes et dégénérées sont restées stockées dans les soutes. Il aurait fallu les débarquer et les laisser à terre. 
(...) Anna, qui n’avait encore rien dit, prit part à la conversation.
— J’ai entendu dire que nous allions adopter des turbines pour nitrer les poudres, comme les Allemands, ce qui améliorera leur qualité. 
Cette remarque laissa les deux hommes cois.
— Vous vous intéressez donc à l’armement et aux bateaux militaires ? Ce n’est pas commun…, dit Jules. ll s’interrompit au moment où il allait ajouter « pour une femme ». Il se tut à temps mais Anna devina pourtant la fin de la phrase.
Le Village des secrets, chapitre 11, Les yeux ouverts

Concernant 'explosion du cuirassé Liberté, le site le plus documenté et synthétique est celui de Marius Autran dont je vous recommande la lecture si le sujet vous intéresse.

Mon roman continue sa petite vie, il est maintenant possible de l'emprunter dans plusieurs bibliothèques, celle de Nantes et celle de Rians, par exemple...
Bibliothèque Nantes.jpg, nov. 2019

Mon amie Michèle a continué à faire vivre le village de Vescaut en l'insérant dans un de ses sujets d'examen. J'adore cette idée.
texto Michèle B.jpeg, nov. 2019sujet Michèle Vescaut 2.jpg, nov. 2019 Mes lectrices et lecteurs sont pour la plupart très bienveillants et satisfaits de leur lecture, comme Thierry : Thierry Costes 2.jpg, nov. 2019 Merci à eux ! Ils m'apportent tellement de joie, je les remercie du fond du cœur !

lundi, novembre 18 2019

Opium, Tonkin et mariages : mes sources

Plusieurs lecteurs me demandent quelle est la part de réalité dans les pages que je consacre aux trafics d'opium dans les années 1910, au Tonkin. Il y a bien sûr des éléments inventés mais c'est un thème sur lequel je me suis beaucoup documentée, notamment grâce à L'épopée des douaniers en Indochine de Dominique Niollet (1999, Kailash Editions).

Cela me donne l'occasion de vous dévoiler quelques-uns de mes secrets, gardés dans mon gros cahier rouge, qui a recueilli plus de 400 pages de documentation, tous sujets confondus.

doc Tonkin1blog.jpg, nov. 2019

On a tendance à sourire de ce qui est devenu un cliché, mais dans ces années 1910, les trafics d'opium et l'addiction d'une partie des officiers de Marine sont de réels problèmes de société. Je mets dans la bouche de Jules des formules qui ont été réellement prononcées et dont j'ai retrouvé la trace dans des articles de presse sur Gallica.

Ça ne m’étonne pas, dit Jules. Il en a même été question à l'Assemblée nationale. Tu te souviens de ce que disait notre colonel ? Nos provinces ne doivent pas être administrées du haut d’un lit de camp entre la fumée de deux pipes… On ne peut pas dire que la répression soit bien efficace. Il y a trop d’intérêts en jeu.

Chapitre 9, Volutes partent en fumée, extrait du Village des secrets

Pour comprendre, il faut remonter quelques années en arrière, quand l’Etat a pris le contrôle du marché de l’opium. Il espérait renflouer ses caisses grâce à ce monopole, il lui fallait de l’argent pour administrer le Tonkin. Jusque-là, le commerce de l’opium était aux mains d’organisations criminelles avec lesquelles l’administration française a passé des accords. Certains contrebandiers ont accepté de rentrer dans le rang, on les a appelé les soumissionnaires. Mais ces types-là nous ont vu venir ! Ils ont accepté le contrat tout en menant un double jeu : ils nous revendaient très cher des produits de qualité douteuse et gardaient la production de pavot de premier choix pour leurs anciens clients. La Régie perdait tellement d’argent qu’on a envoyé au Tonkin un inspecteur des Douanes dont la mission était de mettre le nez dans les affaires de ces soumissionnaires. En peu de temps, il a compris l’intérêt de leurs trafics mais, au lieu de défendre les intérêts de la Régie, il s’est allié au clan de contrebandiers le plus puissant et il a mis en place, avec eux, un réseau efficace qui lui permettait d’écouler en métropole des quantités importantes de l’opium le plus convoité, le chandoo indien. La demande était forte, il fallait fournir les fumeries et les maisons de plaisir. Aujourd’hui encore, tu peux t’en procurer facilement à Toulon !

Chapitre 8 Monnaie de singe, extrait du Village des secrets

J'ai aussi fait des recherches sur les mariages mixtes au Tonkin dans les années 1900-1910, en particulier pour construire le personnage de Marcel Peyron et de son épouse Thu Vân. L'idée de ce personnage m'a été fournie par la lecture du blog familial de Patrick Pallier. J'ai ensuite consulté les relevés des ANOM ANOMblog.jpg, nov. 2019

Mon cher Jules continue de vivre dans vos maisons, il ne se passe pas un jour sans que quelqu'un me parle de lui. Mes collègues le glissent sur leur table de chevet, ou l'emballent pour Noël. Certains le lisent en une nuit, d'autres lentement. J'écris des dédicaces. Merci encore à vous tous pour vos retours. Comment exprimer la joie que cela me procure ? Il y a de la vanité, il ne faut pas le nier, mais aussi la merveilleuse sensation que lui et moi, nous faisons une bonne équipe. Si Jules est devenu un personnage de roman, il est aussi un fantôme bienveillant avec lequel je partage une partie de mon ADN, une partie longtemps perdue et retrouvée.

librairie Coiffard Nantes Jacotte.jpg, nov. 2019 Jacotte l'a vu à Nantes, à la librairie Coiffard

Christine, rédactrice du blog Des pages et des îles, lui a consacré une chronique : Le Village des Secrets. Merci à elle !

J’ai aimé l’ambiance de la Provence avant la première guerre mondiale et plus particulièrement certains personnages comme Anna la photographe, femme libre, ou Hyacinthe l’instituteur mentor de Jules. Dans la fratrie de Jules, ses deux sœurs Marguerite et Othilie ont des caractères forts, indispensables pour résister à la méchanceté du père qui détestait ses filles. Toutes deux sont dépositaires d’un lourd secret. Horace, son ami d’enfance, joue un rôle important aussi dans cette histoire provençale. L’auteure a su maintenir l’intérêt du lecteur par une intrigue bien ficelée qui nous pousse à tourner rapidement les pages.

samedi, novembre 9 2019

Mes personnages : Hyacinthe et Prunelle

Audrey, qui tient avec Laure un blog de chroniques littéraires très intéressant, Liseuse Hyperfertile, a consacré un billet à mon Village des secrets. Un passage de sa critique m'a touchée et m'a incitée à vous parler de Hyacinthe et Prunelle.

J’ai vraiment aimé la place que l’auteure donne aux femmes dans ce roman. Des femmes fortes, libres et, on peut le dire, en avance sur leur temps. Petit coup de cœur pour l’une d’entre elle en particulier, Prunelle, l’épouse de l’instituteur. Une scène du roman m’a particulièrement touchée également, lorsque Jules se rend sur la tombe de sa famille : les inscriptions sur le marbre, les dates et les prénoms qui se succèdent, tant de petites vies parties bien vite.

Hyacinthe et Prunelle sont un couple d'instituteurs avec tout le prestige de cette fonction en 1912. En faisant mes recherches généalogiques pour retrouver Jules, j'ai croisé beaucoup d'instituteurs, dont un qui venait d'Aubagne et aussitôt, j'ai pensé à Marcel Pagnol, et à ses souvenirs d'enfance. La gloire de mon père, Le château de ma mère, Le temps des secrets... Ces titres me rappellent des moments heureux de lecture alors que j'étais moi-même une enfant. Mon grand-père possédait tous les livres de Marcel Pagnol et dans mon souvenir, ils sont liés.
Hyacinthe est né de là, à la croisée des souvenirs de Marcel Pagnol et des miens. Quant à Prunelle, elle doit beaucoup à une de mes amies d'enfance, Moussy Le Forner. Elle est décédée alors que je commençais à écrire ce roman. J'ai donné à Prunelle la grâce qu'avait Moussy, son talent pour dessiner, ses gestes de fumeuse enveloppée de volutes de fumée, son goût pour les vêtements originaux. Comme Moussy l'a été, Prunelle est heureuse avec son mari. Ils sont inséparables et n'ont pas d'enfants. C'est aussi une femme de tête, qui réfléchit à la marche du monde, s'intéresse à la politique, mais avec plus de souplesse que son mari.
Merci Audrey d'avoir aimé Prunelle, un personnage très cher à mon cœur.

Mon roman continue à voyager. Yann l'a mis dans sa valise et voilà Le Village des secrets en vacances au Kenya !
Jules au Kenya.jpg, nov. 2019 Isabelle l'a acheté à la FNAC où il continue à se vendre gentiment puisque la personne à qui elle l'a demandé lui a annoncé qu'une nouvelle commande était prévue.

librairie La Sorbonne Nice .jpg, nov. 2019 A la librairie La Sorbonne, à Nice.

Je continue à recevoir des mails et des SMS qui me rendent très joyeuse et j'ai toujours l'immodestie de les copier ici.

J'ai passé un excellent week end avec ton livre. On s'immerge dans ce monde rural provençal comme on peut se retrouver dans l'Aveyron ou le Gers : petites tromperies, magouilles municipales et de terres, solidarités, pauvres femmes, socialisme et opportunisme... Maintenant que les personnages sont nôtres, j'attends le tome 2 ! Vive la lecture !

Dominique M.

Pour lire la chronique complète d'Audrey, c'est ici :Le Village des secrets

samedi, novembre 2 2019

Toussaint, cimetières et scènes de mon roman

Dans mon village de naissance, la tradition veut que l'on se rende au cimetière pour la Toussaint. Quelques jours avant, on va laver et préparer les tombes, on met des fleurs. On jette un œil sur les tombes des voisins et on ne manque pas de faire des réflexions sur la façon dont ils pratiquent l'art funéraire. Il ne s'agit pas de laisser pousser un palmier sur le corps des défunts, sous peine d'être taxé d'ingratitude. On garde le respect des ancêtres.

En ce jour, j'ai des souvenirs tendres de promenades avec ma mère dans les allées de ce cimetière. Nous allions saluer les morts de l'année, les aïeux inconnus. Nous passions avec plus ou moins de rapidité devant certaines tombes où reposaient des amours mortes que le pardon finissait par recouvrir... Je me suis beaucoup inspirée de ces moments pour écrire les scènes où Jules accompagne sa sœur Marguerite au cimetière. Derrière les croix et les stèles, il croise Anna et des inconnus qui contribueront à nouer mon intrigue.

C'est aussi au cimetière que se cache Jeanne, chassée par ses patrons parce qu'elle est enceinte. Elle n'a pour abri qu'une chapelle. Cette anecdote peut paraître morbide et cruelle, elle est pourtant réelle. Une personne de mon entourage s'est trouvée dans cette situation, au début des années 1980. Chassée par sa famille enceinte d'un homme dont ni son père ni ses frères ne voulaient entendre parler, elle a dormi plusieurs nuits dans un cimetière.

Quand j'ai cherché le nom que je donnerais à Jules, j'ai choisi Toussaint, sans réfléchir. J'aime ce nom, et il est très évocateur pour moi. En ce jour des morts, mes personnages sont plus vivants que jamais et je remercie mille fois mes lecteurs qui m'envoient de leurs nouvelles.

librairie Mollat Bordeaux.jpg, nov. 2019Laure l'a vu à la librairie Mollat de Bordeaux

Jules en hypermarché par Audrey hyperliseuse.jpg, nov. 2019 Audrey l'a croisé dans son hypermarché, où il n'était pas rangé dans le bon rayon !

Je reçois des mots doux de mes lecteurs. Ils me font tellement plaisir ! Il y a de la vanité à les recopier ici, mais j'assume.

Je suis archi fan, cela me confirme que je vais largement offrir ton livre à Noël, et que j'ai hâte de lire la suite...

mail de Martine L.

Voilà un roman comme je les aime ; des personnages attachants à l’image de Jules autour duquel tourne tout ce petit monde, des femmes qui ne sont pas des potiches et une intrigue qui vous mène par le bout du nez. J’ai pris un énorme plaisir à sa lecture qui m’a replongée dans le souvenir des sensations d’enfance quand je lisais du Giono, du Clavel ou encore du Pagnol (je parle bien de sensations, pas de style !) ; cette façon de décrire les décors, de vous y plonger direct ; pour un peu vous sentiriez les odeurs, la chaleur ou le froid !

Gilles Soubiran Le roman de Jules chronique parue dans Le fond du Galetas

dimanche, octobre 27 2019

Le roman du terroir comme cheval de Troie

Quand j'écrivais Le Village des secrets, on me demandait souvent : Tu vas le publier ? et je ne savais que répondre. Mon projet principal était de faire de mon mieux, et on verrait après...
Finalement, une fois le manuscrit terminé, j'ai eu envie de tenter ma chance auprès des éditeurs, mais je ne savais pas trop comment m'y prendre ni quelles maisons d'édition contacter. Une amie, qui écrit et dont le manuscrit avait été sélectionné dans un concours, m'a suggéré de suivre le chemin des romans du terroir.
Cela correspond bien au roman que j'ai écrit : il se passe au début du XXè siècle, à la campagne. Les personnages vivent dans un village qu'ils vont quitter pour explorer le monde et fuir tout ce qui pèse sur eux, à commencer par la misère.

Le roman du terroir est le cheval de Troie qui m'a permis d'entrer dans les rayonnages et les tables des libraires. C'est une aventure modeste mais qui m'apporte une grande joie.

Jules FNAC Wilson 251019.jpg, oct. 2019 Le Village des secrets sur la table des romans historiques, en bonne compagnie. Fnac Wilson, Toulouse, 26 octobre 2019.

Ce que je voulais, c'était ressusciter un monde perdu, sur le point d'être oublié. La bonne surprise, c'est qu'en parlant de mes ancêtres, j'ai parlé aussi des vôtres. Il faut croire qu'ils ne sont pas si différents. tweet FlozpourSL.png, oct. 2019 (FloZ, Twitter, 28 octobre 2019)

Mon roman voyage, il part en Espagne chez Pablo, en Corse chez Thierry. Béa, ma fille spirituelle le lit dans le Colorado sur sa liseuse... Il entre dans les maisons de mes amis, et dans les maisons de leurs amis, il part chez des inconnus, il vit sa vie. Je n'en reviens pas. livrevoyageur2.jpg, oct. 2019

Ici, aussi loin que remontait la mémoire de leur famille, la plupart des hommes travaillaient la terre pour le compte de propriétaires plus riches qu’eux. Ils n’imaginaient pas un autre destin. Le changement les inquiétait. Ils craignaient de perdre le peu qu’ils avaient, de se défaire de maîtres qu’ils connaissaient pour d’autres, peut-être pires. L’estime dont jouissait Hyacinthe, instituteur, généreux et dévoué à ses élèves, se heurtait à de subtils obstacles. Il n’était pas d’ici. Il venait de loin. Il était né à Aubagne. Pierre Marchelli, lui, connaissait les bonheurs et les chagrins de chaque famille, sur plusieurs générations.

Le Village des secrets, chapitre 29

lundi, octobre 21 2019

Tu l'as lu ?

Il y a deux semaines que mon premier roman a été publié, et je suis dans une phase très enthousiasmante. La plupart de mes proches l'ont acheté mais peu l'ont encore lu : je n'ai donc que des remarques positives et toute l'effervescence des commencements. Je savoure ce moment où tous les événements autour du roman de Jules (c'est le nom que je lui donnais avant sa publication) sont agréables et sympathiques.

Il est présent sur la table de quelques librairies toulousaines, notamment la célèbre et renommée Ombres Blanches. Je dois dire que quand je l'ai vu, c'était un moment parfait.

librairie OmbresBlanches 181019 - copie.jpeg, oct. 2019

La maison d'édition qui me publie a créé une fiche pour Le Village des secrets dans la collection Terre d'Histoires

Dans mon entourage, j'ai eu un retour encourageant de la première collègue qui l'a lu : Audrey D. a lu .jpg, oct. 2019

Autres sujets plaisants : Le village des secrets a eu l'honneur d'une chronique sur Les petits potins du bord de l'eau. Quelle joie de lire ces mots !

texte Charlottine.jpg, oct. 2019

Sur le blog de Sacrip'Anne il a été jugé À lire de toute urgence ! et Binchy en a aussi fait mention.

Est-ce que j'aurais écrit un roman si je n'avais pas été encouragée par mes chats ? Pas sûr ! Pour leur rendre hommage, une photo du magnifique Obi-wan, le chat de Sacrip'Anne.

obi.jpg, oct. 2019

dimanche, octobre 13 2019

Feuilleter avant d'acheter

Mes fidèles lecteurs continuent de m'envoyer des photos, merci à eux, c'est toujours un grand plaisir de voir Le village des secrets entre des mains amies.

PanneauTwitter3BLOG.jpg, oct. 2019

Voici une photo en situation dans les rayonnages de la librairie Massena d'Antibes. librairie Massena - copie.jpg, oct. 2019

À Toulouse, en revanche, il est difficile de mettre la main dessus. Si vous voulez le feuilleter, vous pouvez le faire ici :

Premières pages sur Amazon

Google Books

Et bien sûr via le site de mon éditeur, City dans sa collection Terre d'Histoires

Si vous préférez commander chez un libraire, c'est par là :
Les libraires.fr

Place des Libraires

Camille m'a envoyé ses impressions de lecture. Je suis émue que mon roman touche ceux qui le lisent, c'est un sentiment difficile à définir, un mélange de fierté, de bonheur, mais aussi la surprise d'être parvenue à faire passer ce que je voulais à travers mes mots.

Les mots peignent jusqu'à l'ombre des vies, par petites touches ; la liste des petites soeurs Toussaint sur la tombe, les prénoms que l'on redonne aux suivantes successivement, le poids des deuils qui nous courbent, le nombre de bûches dans la cheminée à égalité entre morts et vivants.

Mais surtout Jules, je me suis attachée à lui, ce petit bonhomme, la seconde partie du livre à propos des colonies, sa "lâcheté" quelles pages tu as écrites! bouleversantes, oui il y a de l'espoir, oui l'amour nous sauve, oui nous sommes faillibles et comment ne pas préférer la paix et le confort aux luttes que l'on sait désormais - l'histoire est écrite depuis trop longtemps - sans espoir.

Camille T.

mercredi, octobre 9 2019

Malheurs et bonheurs de publication

Publication J+8

Une fois que vous avez écrit un roman, vous vous demandez s'il sera un jour publié. Grâce à la facilité des nouvelles techniques, beaucoup d'auteur.e.s se tournent vers l'auto-publication, et j'ai pensé faire de même. J'ai cependant envoyé mon manuscrit à quelques éditeurs et là, bonne surprise, l'un d'eux a été intéressé.

Il s'agit de City Editions qui publie des ouvrages très divers. J'avais ciblé sa collection Terre d'Histoires, consacrée aux romans historiques et romans de terroir.
Le contrat a été signé en avril 2019 et dès lors, j'ai suivi la vie publique des ouvrages publiés dans cette collection. Je me suis réjouie de les voir en jolie pile à la FNAC et sur tout un pan de mur à l'espace culturel du Leclerc Blagnac. Avec un peu de fierté, je m'imaginais le moment où je découvrirais la pile à mon nom. Je me voyais déjà faire un selfie et l'envoyer à tous mes proches.
C'est moi qui l'ai fait !

tablefnac170419.JPG, oct. 2019 photo prise à la FNAC Wilson le 17 avril 2019

Or, dès le premier jour de publication, il y a maintenant une semaine, mes proches se sont plaint : On ne trouve pas ton roman ! Il n'y en avait que trois à la Fnac Wilson et ils ont été vendus tout de suite... En attendant le réassort, je suis allée au Leclerc, sûre de moi... C'est donc avec un grand dépit que je vous annonce que l'espace culturel Leclerc a fermé son rayon "romans du terroir". À Roques, il survit sur une minuscule étagère où ne restent que les noms les plus célèbres. Inutile de vous dire que le mien n'y est pas.
Quelle déception ! Voilà qui confirme bien le proverbe Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

Je compte donc sur mes fidèles lecteurs pour faire connaître mon Village des Secrets. Si vous le voyez en rayon, prenez une photo collector.

  • Mise à jour du 10 octobre: mon roman est actuellement en rayon à la librairie Ombres Blanches à Toulouse !

Heureusement, les copines, elles, sont enthousiastes, comme Valérie de Haute-Savoie qui m'a fait un beau billet sur son blog... Quel bonheur que mon livre soit lu et apprécié !

Avis ValérieBlog.png, oct. 2019

dimanche, octobre 6 2019

Mes personnages : Anna

Anna est le premier personnage de fiction que j'ai inventé de toutes pièces.

L'idée de mettre en scène une photographe me vient de plusieurs sources : mon ami Franck Paul et ses divines photos sur Open Eyes, le photographe de mon village de naissance, Pierre Delinière, Georges Ancely, qui a donné son nom à la cité dans laquelle je vis, et enfin Jessie Tabox Beals. J'avais lu un article sur elle via Twitter, et elle m'avait inspirée.

Quand je faisais mes recherches généalogiques, j'étais frappée par le destin des femmes et Anna est venue en contrepoint, pour aider par sa présence toutes celles qui subissent, souffrent et ploient sous le fardeau.
Elle se bat, elle va de l'avant.
Elle a la chance d'être recueillie par de braves gens, et c'est une chose importante dans ce début de XXè, la circulation des enfants. Un thème cher à mon cœur.
Il y a des hommes qui abandonnent les enfants qu'ils ont engendrés et d'autres qui accueillent des enfants qui ne sont pas les leurs. Choisis ton camp, camarade.

Anna est mon double, elle dit ce que je pense. Elle est un peu boiteuse, mais ça ne l'empêche pas de se promener. Elle perd les gens qu'elle aime, mais pas le lien d'amour qui les a unis. Elle voyage entre les mondes, elle peut aimer un peintre et un adjudant en retraite. Elle est capable de renoncer à une quête qui ne la mènera à rien.

Elle a pris de plus en plus d'importance au fil des versions que j'écrivais. Elle fait partie des personnages qui naissent à l'insu des auteurs, comme les enfants inattendus, qui prennent ensuite la première place dans la famille.

Jessie_Tarbox_Beals_with_camera_Schlesinger_Library.jpg, oct. 2019 Jessie Tabox Beals, source Wikipedia

samedi, octobre 5 2019

Lorsque "Le Village des secrets" paraît…

Lorsque Le Village des secrets paraît, je suis en voyage scolaire au pays basque, à Bilbao et nous visitons le musée Guggenheim.
Je suis bien sûr assez excitée dès le matin, et toute la journée je consulte mon téléphone ! En fait, mon roman n'est pas sur tous les points de vente annoncés et je reçois des demandes des copains et copines : "Il est où l'roman, il est où ?"
Heureusement, les plus prévoyants avaient précommandé à la FNAC ce qui leur a permis de m'envoyer des tweets ou des clichés Instagram, et ça m'a fait vraiment plaisir et ça m'a permis de constater la fidélité de tous les ami.e.s de mon ancien blog.

Panneau Twitter2ABLOG.jpg, oct. 2019

panneau Twitter2blog.jpg, oct. 2019

Maintenant, il faut attendre que mes lecteurs et des inconnus le lisent et me donnent leur avis. Ici commence une nouvelle aventure...

Sylvie2octobre.JPG, oct. 2019 Cette photo a été prise par mon élève Lola, de 4èB, je lui ai promis de la mentionner. L'appareil photographique est l'Iphone7+ en mode portrait (avec le filtre qui rend tout le monde plus joli)

samedi, septembre 28 2019

Premiers exemplaires

Mon roman sort le 2 octobre ! Pour le moment, je savoure cette nouvelle... JulesetmoiJPG.JPG, sept. 2019

Résumé de l'éditeur :
Après de longues années passées dans l’armée coloniale, Jules revient en 1912 dans son village provençal. Parti brusquement pour fuir une enfance misérable, ce fils de paysan réapparaît auréolé de ses galons d’adjudant. Son avenir semble tout tracé : renouer avec une vie campagnarde simple et se marier.

Il se lie d’amitié avec Anna, une jeune photographe qui vient de la ville. La jeune femme s’est installée au village pour découvrir l’identité de son père et en apprendre davantage sur sa mère disparue.

Alors que Jules aide la jeune femme à trouver des réponses, il est rattrapé par son propre passé dans les colonies. Entre trafics d’opium, usurpation d’identité, secrets et mensonges, Jules et Anna ne pourront compter que sur eux-mêmes pour percer les mystères du village et conquérir leur liberté.

Édité par City Editions, collection Terre d'Histoires, distribué par Hachette, en vente partout, par exemple à la Fnac

vendredi, septembre 27 2019

Du fondu au noir au "Village des Secrets"

L'aventure de ce roman a commencé, comme toutes les entreprises d'écriture, par un mystère. Quelle part ont, dans notre vie, nos ancêtres ? Pèsent-ils sur nous de leur poids d'amour, ou nous transmettent-ils leurs haines, leurs douleurs ?

Dès l'enfance, je me sentais hantée par ces questions, d'autant plus qu'il y avait beaucoup de sujets dont on ne devait pas parler. Et bien sûr, ces sujets-là me paraissaient les plus intéressants...

Pendant longtemps, la plupart de mes ancêtres se sont fondus dans le noir de mon ignorance. Qui étaient-ils ? Où avaient-ils vécu ? J'avais entrepris quelques recherches, vite abandonnées, et puis la vie a passé. Il y avait plus urgent à faire.

Un jour du mois de mai 2015, j'ai tapé un nom dans le moteur de recherche de mon ordinateur. Je ne sais pas pourquoi, ce jour-là, une porte s'est ouverte. Dans les contes, une fois que le personnage trouve la formule magique, Sésame, ouvre-toi, le mur laisse apparaître une porte cachée. J'ai pénétré dans le couloir sombre jusqu'à la salle des archives.

Je ne suis plus jamais revenue en arrière. Peut-être même que je me suis mise à croire aux fantômes.

C'est ainsi que tout a commencé. Par le nom du village. Mais je ne vous le dirai pas. Il restera "Le village des secrets". Les fantômes ont le droit de dormir en paix.

Village - copie.jpg, sept. 2019

jeudi, septembre 26 2019

Trois choses que je savais sur Jules

Avant que Jules ne devienne le personnage principal de mon roman, je savais très peu de choses sur lui, et l'une était fausse.

Il était douanier.
Il était tout petit et tout noir de peau.
Quand j'étais jeune, il me paraissait tellement vieux !

Je ne connaissais pas son prénom.

J'avais écrit quelques notes sur lui en 2004 pour un petit feuilleton que je publiais sur mon blog, Le café des platanes. Mais maman m'a-t-elle vraiment dit cela ou l'ai-je inventé ?

Les chambres, au-dessus du Café des Platanes, servaient maintenant d'asile à une population hétéroclite qu'on appelait les réfugiés. Madame ... était une grande femme maigre d'une quarantaine d'années, à l'allure austère, toujours vêtue de noir, qui formait avec son rondouillard petit mari au crâne dégarni et aux lunettes rondes un couple peu assorti.

Écrire un roman, c'est parfois s'éloigner tellement de la réalité qu'on ne sait plus où elle finit et où commence la fiction.

Je n'ai pas de photo de Jules et sans doute n'en aurai-je jamais, alors je fais défiler toutes les images qui m'ont inspirée, le diaporama de ma tête...

Jules.jpg, sept. 2019

Jules : la fiche matricule

Avant même de découvrir le petit François dans la salle des archives, j'ai appris que Jules avait été militaire de carrière pendant quinze ans, en lisant sa fiche matricule, publiée en ligne.
J'en suis tombée à la renverse, parce qu'on m'avait toujours dit qu'il était douanier. Ma perplexité était grande. Pendant assez longtemps, j'ai pensé que je me trompais, que ce Jules-là n'était pas le bon. J'avais davantage de loyauté envers la mémoire de ma mère et de mon oncle Jeannot qu'envers ce que je voyais écrit noir sur blanc.

Finalement, j'ai dû me rendre à la raison. Ce Jules était bien celui que je cherchais. J'ai alors essayé de comprendre son parcours en déchiffrant cette fiche... Le monde militaire m'est inconnu. Chaque abréviation était une énigme. Heureusement, de nombreux sites et forums permettent d'apprendre, de se former à ce monde régi par ses règles et son langage.
Jules avait été affecté au Corps Disciplinaire des Colonies, à partir de 1901. J'ai vite compris que ce n'était pas une affectation glorieuse. Un autre fil narratif du Village des Secrets est venu de là.

Quelques dizaines de gradés surveillaient ces réprouvés reconnaissables à leur uniforme bleu, à leur crâne tondu et à leur visage glabre. On leur interdisait de porter la moustache et on les employait à des besognes de pacification, du Tonkin, au Soudan en leur faisant miroiter la promesse d’une réintégration. Jules leur devait ses galons de sergent. Entassés dans des chambrées insalubres, mal nourris, traités durement, les disciplinaires subissaient un quotidien de brimades. On trouvait parmi eux de pauvres hères que la misère et une succession de malheurs avaient conduits là, mais aussi des caïds tatoués dont les biceps criaient Mort aux vaches tandis que leur bas-ventre promettait un Robinet d’amour. De vraies brutes faisaient régner la terreur et réduisaient en esclavage les plus faibles. Rien n’apaisait leur rage, ni le mitard, ni la crapaudine qui les laissait pieds et poings liés dans le dos, ni les poucettes qui leur enserraient les doigts jusqu’au sang.

Le Village des Secrets, chapitre 21, Entre les murs.

julesmatricule.jpg, sept. 2019